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Les feux de l’am…itié

30 Nov

Je pensais pas écrire autant de lignes sur « l’affaire de l’annonce par texto + photo d’une ancienne infertile » mais il fallait quand même que je raconte rapidement la fin de la saison 1 épisode 13.

Jeudi soir, après le week end compliqué, j’ai reçu un email.
C’était elle.
Elle reconnaît la maladresse de l’annonce mais redoutait ma réaction peu importe le moment choisi.
Elle est enceinte de trois mois. Ils avaient décidé d’attendre la première écho avant de l’annoncer à leurs proches.
Elle a eu beaucoup de peine le samedi soir, s’est sentie mal à l’aise et honteuse. Elle est très heureuse et à envie de partager les bons moments à venir avec les gens qu’elle aime et qui m’aiment et aimerait que j’en fasse partie. Fin de citation.
Ce mail m’a soulagé.
Je me sens mieux.
Ça ma touchée.
Je me suis rendue compte de ma réaction était peut être un peu disproportionnée, cette sensation d’abandon, ma tristesse démesurée.
Je suis à fleur de peau en ce moment. L’attente me ronge.
J’essaye d’effacer tant bien que mal ce pan de ma vie à coup de travail, d’apéros… J’essaye d’occuper mon esprit. J’aimerais arrêter de penser mais c’est impossible.

Je ne peux pas me mettre à l’écart du monde.
Je dois juste m’écouter, savoir quand c’est un peu trop pour moi. Prendre des petites doses du monde qui m’entoure.

Mardi réunion d’information FIV et mercredi acuponcteur.
A bientôt pour le debreaf !

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Chacun pour soi + édit

25 Nov

Depuis que nous essayons d’avoir un bébé, autrement dit, depuis bientôt deux ans, deux nouvelles personnes sont entrée dans ma vie.
Il y a une rencontre complètement au hasard, un jour, alors que 5 minutes avant ou après ne nous auraient pas permis de nous rencontrer. Cette femme d’un peu moins de 45 ans, un amour rencontré tardivement, un désir de grossesse depuis un peu plus de deux ans et la perte de trois petits pois d’amour à deux et trois mois de grossesse dont le dernier récemment. Cette femme que j’aime beaucoup, avec qui j’adore parler de tout, que j’essaye de soutenir tant bien que mal dans les durs moments qu’elle vit depuis.

Il y a une autre personne, un peu plus de 35 ans, l’amie d’amis. Lorsque mon ami, ne sachant pas trop tenir sa langue, lui a parlé du faite que nous avions des difficultés, cette dernière s’est ouverte à moi (et à moi seule) pour me dire qu’elle était elle aussi dans cette situation.
Nous nous sommes bien entendu rapprochées, et depuis près de 10 mois, nous passons beaucoup de temps ensemble, les week-ends et parfois autour d’un thé, une après midi shopping…
Depuis mon retour de vacances, malgré les mails échangés à distance, j’ai sentie comme une certaine distance, beaucoup plus difficile de ce voir pour cause d’agenda chargé, des deux côtés. J’ai malgré tout lancé une invitation pour ce week-end à laquelle j’ai fini par avoir une réponse positive.

Cette semaine, j’avais soufflé à l’homme un « Je pense qu’elle attend un bébé ».

Hier en me levant, je suis tombée sur le post des IsciPari qui m’a mis un coup au moral. (Je pense bien à vous).
J’ai décidé de passer l’après midi à la maison et de m’atteler à la confection de mon apéro dinatoire du soir même.
Vers 18 heures, j’ai reçu un SMS accompagné d’une photo. C’était elle. Un ventre très rond pour ses je pense deux mois de grossesse. (1 mois de grossesse auquel j’ajoute 2 semaines de vacances aux US pour moi et deux semaines où l’on ne s’est pas vu soit deux mois).
« (…) j’aurais aimé pouvoir te le dire de vive voix cette semaine mais tu n’étais pas dispo (…) alors pour éviter que tu t’évanouisses à mon arrivée, je suis obligée de t’envoyer cette nouvelle par texto : nous serons un de plus ce soir !!! (…) ». Fin de la citation.

Bien entendu, je me suis effondrée. De mon fil, un coup de vent me fait rapidement tomber.

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en buvant des verres de bières, les mains tremblantes, pour faire passer la nouvelle et reprendre mes esprits avant que les invités arrivent.

Bien sûr que je suis contente pour eux. Ils essayaient depuis presque deux ans. Ils avaient fait tous les examens et si rien ne se passait, ils allaient commencer les traitements.

Elle qui craignait les annonces. Qui me racontait qu’elle partait à certains repas la boule au ventre de peur d’en apprendre une nouvelle. Elle qui connaissait ma situation, mon manque, ma tristesse, mon moral en dents de scie… Elle qui a vécu la situation -m’a envoyé un TEXTO une heure avant d’arriver chez moi- pour m’informer de la nouvelle !!! Un TEXTO !

J’ai tenté de masquer mes yeux rougis en faisant contre poids avec mon rouge à lèvre rouge.

La soirée s’est déroulée sans que nous parlions directement l’une avec l’autre. Sans qu’elle ne prononce un mot sur son bébé à venir. Sans que personne n’aborde à un seul moment sa grossesse. Heureusement, nous étions 9.
Ce matin, j’ai réussi à formuer un « Je ne te l’ai pas dis hier mais je suis évidemment ravie pour vous. Le miracle à opérer. je le sentais, je l’avais dis à l’Amoureux cette semaine. Profite bien de ce cadeau, mérité. A bientôt ».

J’essaye de ne plus réagir à chaud et je me dis bon : à sa place, mets toi à sa place ! Vous n’avez pas pu vous voir ses deux dernières semaines. Avant tu étais en vacances. Cette semaine, tu n’as pas répondu à son coup de fil.
Mais ce message est tellement indélicat ! Une heure avant d’arriver ! Accompagné d’une PHOTO ! Pour être sûr que j’ai bien compris, c’est ça ?

Hier, j’ai réalisé que dans ce parcours, on avait beau être entouré de personnes comme nous, de personnes qui comprennent. Seulement, on est seul et on le reste. C’est notre propre combat. Et malgré toute la bonne volonté des gens qui « nous aime », c’est chacun pour soi.

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Edit :
Lundi, me sentant toujours aussi mal que la veille, troublée par sa non réponse de mon message de félicitations, j’ai souhaité vider mon sac (et mon cœur) et m’expliquer. J’ai donc réécris un message en disant que : « j’avais toujours tendance à être franche donc je ne dérogeais pas à la règle. Que j’avais était très (très très) attristée de recevoir un TEXTO accompagné d’une PHOTO, UNE HEURE avant d’arrivée chez moi pour m’annoncer la nouvelle. Que je pensais qu’elle aurait fait les choses avec un peu plus de tact et d’amitié, ayant elle aussi été dans ma situation pendant de longs mois. Que j’étais encore une fois ravie pour eux. »

Réponse lundi soir :
« Je n’ai peut être pas trouvé la meilleure façon ni le meilleur timing pour te l’annoncer (c’est le cas de le dire, ouais en effet) et je peux comprendre que tu es été saisie (Saisie ?! mot étrange pour décrire ma sensation, m’enfin, passons), sache néanmoins que ta réaction m’a fait beaucoup de peine… » (Ha ben putain ! nous sommes deux à être peinées alors !) . Fin de la citation.

Je me dis, il faut oser quand même mais elle l’a fait. Elle a osé retourner la situation à son avantage !
Ne s’est pas remise en question une seule seconde,
N’a pas murmuré l’ombre d’un remord,
N’a pas prononcé d’excuses que je me serais empressée d’accepter tant mon affection pour elle était grande.

Fin de l’histoire.

Conclusion : Une infertile peut devenir une sacré PB et oublier, en un test de grossesse positif, qu’elle a morflé.
Note pour plus tard : Faire attention quand on choisi ces copines.

Merci pour vos messages ❤ Je vois que je ne suis pas la seule à vivre ce genre d'aventures dont on se passerait bien.