Réflexion sur le don d’embryon

28 Fév

En fait, l’autre fois dans mon article, je n’ai pas précisé le déroulement exacte de la conversation avec la grande chef du service PMA. Aujourd’hui, je le fait parce que :

– j’ai besoin de connaître votre ressenti sur le sujet et même vos expériences ou projets

– et j’ai découvert entre mon rdv et cet article, cette personne formidable et généreuse https://donneuseovocytes.wordpress.com

Voilà voilà, j’y arrive…

J’ai toujours trouvé le résultat de notre première stimulation d’il y’a trois ans un peu faiblard. Je n’ai pas les résultats sous les yeux mais notre Mousse fait partie de la paire d’embryons qu’avait pu nous offrir le traitement. J’avais, je pense à l’époque bénéficié d’un protocole -de base- comme c’est souvent le cas lors d’une première fiv et la récolte a été moyenne. (Attention, je sais que l’on peut aussi avoir des traitements sans résultat et que la quantité ne fait pas la qualité du machin. Mais étant donné ma pathologie n’affectant aucunement ma réserve et mon âge, j’aurais pu faire mieux).

Le deuxième embryon a quant à lui fini à la poubelle des embryons car sa qualité ne permettait aucune conservation. J’avais vraiment les boules. Je me suis dis que peut être le jour J, il aurait pu être transféré à quelqu’un d’autre (négatif Madame, m’avait alors répondu le biologiste). Et peut être à ce couple dont la fille ressortait les larmes roulant sur les joues le rdv avant le notre (Ça c’est mon analyse dans ma tête, à l’instant T de ma vie et de ce parcours, sous le coup du stress, de la situation de transfère à venir…).

Quand à la fin du rdv pour notre grand retour en PMA avec la gynécologue, elle nous a demandé si on avait des questions, j’ai sauté sur l’occasion penses-tu ! Dans un premier temps, je me suis assurée qu’elle changerait le protocole de façon à être une poulette de compétition dans la production de mes œufs. « Ha oui oui ne vous en faite pas, je vais plutôt partir sur… ! » m’a t’elle répondu. C’est à ce moment là que j’ai ajouté : « oui, parce que SI nous avions la chance infinie d’avoir de nouveau un succès rapide, nous souhaiterions donner les embryons restants à un (des) couples ». Et là, attention, réponse en deux temps : 1) vous ne voulez pas de troisième enfant ? « euh, non ». Plus ajout du petit 2) « oui mais madame – ça risque d’être moins rapide cette fois là, il faut vous attendre à ce que ça ne marche sûrement pas du premier coup ».

Soit.

Au début des examens il y a plusieurs années, l’homme et moi avions échangé rapidement dans une salle d’attente, sur un don chacun de notre côté si réussite. Après tout, c’était facile pour un homme et j’étais loin de me douter de ce que c’était pour une femme.

J’ai ressenti la profonde tristesse de ce manque d’enfant dans ma vie, je suis passée par des étapes tellement noires où j’étais si malheureuse. J’ai eu l’immense chance que ça tourne très vite au bonheur. Des dizaines d’examens, une opération, une fiv, des dizaines de mois les yeux vides mais une réussite. J’ai découvert des personnes qui ont continué, continué de ce donner des chances d’y croire, parcouru des kilomètres, rempli des dossiers, encore et encore, sans jamais arrêter. J’ai découvert le monde du don à travers leurs histoires. Le monde de l’adoption. J’ai vu des bébés magnifiques dans des familles resplendissantes de bonheur. Je me dis qu’il peut être si simple de rendre quelqu’un d’heureux pour la vie.

Je ne sais pas si j’aurais la force de mener un enieme traitement pour faire un don d’ovocyte (une fois notre deuxième bataille menée). C’est si dur et éprouvant. Cela demande du temps, de la force encore. Cela demande peut être un don de soi dont je ne suis pas capable ?

Voilà, j’en suis la. Je mets là charrues avant les bœufs, j’en ai conscience. J’en ai besoin pour avancer, pour ne pas trop penser à ce que nous attend pour notre second parcours (c’est l’inconvénient d’avoir déjà un exemple). Il faudra beaucoup de « si » pour que ce projet aboutisse. Quand on y pense, c’est assez fou/ perturbant/ dingue de ce dire que dans notre même grande ville, un embryon de notre code génétique peut être porté par un couple qui s’aime et que cela peut les rendre heureux.

« En 2008, 21 000 embryons étaient sans projet parental mais seulement 105 couples avaient confié leurs embryons à l’accueil » https://www.fiv.fr/don-embryon/

D’autres infos ici : http://www.magicmaman.com/,don-d-embryon-comment-ca-se-passe,3305091.asp

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23 Réponses to “Réflexion sur le don d’embryon”

  1. September février 28, 2018 à 3:46 #

    Lorsque j’étais dans ce parcours… je m’étais faite la même promesse…
    Alors je trouve ta réflexion si belle …. ❤ ❤
    Un grand bravo à tou(s)tes pour cette immense générosité !
    Gros Bisous

  2. pivoinespma février 28, 2018 à 3:58 #

    C’est une question que je me pose. Disons que je me dis que si un jour j’ai la chance que la roue tourne j’aimerais être capable de faire quelque chose pour un autre être humain que moi. Je ressens ce besoin mais je pense pas que je serai capable de faire un don d’embryon. J’aurais aimé faire un don d’ovocytes mais c’est tellement risqué pour ma vie les ponctions et les transferts que Sir ne me suivra pas dans cette folie et moi non plus. Enfin, je pense qu’on peut trouver un moyen à la hauteur de nos capacités pour aider d’autres couples. Je trouve ta réflexion pleine de générosité 😘😘😘😘

    • bulle007 février 28, 2018 à 4:07 #

      Coucou Ma Pivoine
      Tu sais explique pourquoi le don d’embryon est un frein pour toi ? Y’a crainte précise ?

      • pivoinespma février 28, 2018 à 5:08 #

        Oui c’est totalement debile mais j’aime pas l’idée qu’un enfant qui serait issu de nous 2 (avec nos traits et donc ceux de l’enfant que j’aurais eu) soit élevé par qqun d’autre. J’aurais l’impression de l’abandonner. C’est bête je sais. Je trouve ça tellement généreux de la part des couples qui font un tel cadeau mais moi j’en suis incapable.

      • bulle007 février 28, 2018 à 7:00 #

        Oh non, je te comprends, j’ai moi même une peur d’une rencontre entre mon enfant et cet enfant, habitant dans la même ville. C’est n’importe quoi, je sais. Un embryon, c’est la naissance d’un enfant qu’on aurait pu avoir soi même avec son conjoint donc c’est absolument normal que ça déclenche des questionnements, des craintes et des peurs. Je trouve que c’est humain. Le don simple est une bonne alternative. Je t’embrasse très fort.

  3. maxelie février 28, 2018 à 4:29 #

    J’avais écris le même genre d’article. Maintenant que mon parcours est fini ça me trotte encore dans la tête. Il me faut encore un peu de réflexion pour trouver le courage de refaire un traitement pour un don d’embryon… J’ai fait une hyperstimulation pour ma FIV et l’organisation avec ma petite famille enfin pleins de freins que j’aimerai dépasser.
    Pour le don d’embryons on y a réfléchi aussi car il nous en reste mais mon chéri ayant été adopté on n’a pas d’historique médical de son côté donc ça n’est pas possible de donner.

    • bulle007 février 28, 2018 à 7:12 #

      Oh oui je te comprends. La vie file et on n’a moins le temps. toi en plus avec le bébé ! 😓 Et puis franchement ce n’est pas une partie de plaisir. Ce n’est pas comme si on se disait, tiens je pars en thalasso une semaine ! Nan, la c’est retour aux piqûres et tout le tralala 🙀🙈
      C’est un peu embêtant pour vos embryons mais je comprends qu’ils soient précautionneux pour ne prendre aucun risque. A tord sûrement dans votre cas, mais ce sont les règles 😔😣 c’est chouette en tout cas que l’idée te trotte dans la tête. On verra pour la suite. Sinon je suis d’accord pour en donner deux un pour toi un pour moi 🙂😉😉bisette

      • maxelie février 28, 2018 à 8:23 #

        À tort oui et non… Je comprends que si la famille est porteuse d’une maladie et qu’on peut le savoir et éviter de la transmettre à un couple qui a déjà bien galéré à avoir un enfants… Dans notre cas impossible de savoir ce qu’il y a du côté de mon chéri.
        J’aimerai bien passer de l’idée à l’action ! 😉

  4. miliette février 28, 2018 à 4:38 #

    coucou toi. Si tu as une « bonne recolte » il est possible de faire don de certains ovocytes sans que ce soit un don d’embryon. A ma connaissance en France on manque plus d’ovocytes que d’embryons (à vérifier néanmoins). Mais bon renseigne toi car moi on n’a pas voulu de mes oeufs, ça a mis un terme à ces réflexions 😦

    • bulle007 février 28, 2018 à 5:03 #

      Coucou toi ! Contente de te lire ! Ah ça c’est une bonne info ! Je savais pas du tout. Je me renseigne ! Je préférerai le don d’ovocyte, mais c’était pour éviter les traitements de trop. Sous réserve en effet qu’on veuille de mes œufs 🍳 ! Ça va toi ?

      • miliette février 28, 2018 à 5:06 #

        si tu donnes une partie de tes ovocytes lors de ta ponction tu n’as justement pas de traitement en plus 😉
        Mais cela te « pique » une partie de ta récolte !
        J’ai toujours pas digéré qu’on ne veuille pas de mes oeufs pourris

      • pivoinespma février 28, 2018 à 5:11 #

        Merde j’avais pas pensé qu’on pouvait nous refuser nos ovocytes. 😢

      • miliette février 28, 2018 à 5:14 #

        si si puis faut voir les motifs hein…

      • pivoinespma février 28, 2018 à 5:23 #

        Sauf que les pmette sont les plus concernées par le sujet. Nous on sait ce que veut dire imaginer ne jamais avoir d’enfant. Bref, peut être que c’est médicalement justifié. Mais bon…

      • bulle007 février 28, 2018 à 7:03 #

        Oui absolument 👍🏻 c’est plutôt une bonne alternative je trouve.
        J’embrasse bien forts tes œufs, na !

  5. La Famille Ours février 28, 2018 à 5:54 #

    Grâce à ton article, je découvre ce chiffre fou sur les embryons sans projet… Je trouve ta réflexion généreuse. Et difficile, car comme quelqu’un l’a souligné en commentaire, l’embryon est un mélange unique, et donc une adoption à 100% pour ceux qui le reçoivent. C’est donc très différent du don d’ovocytes (ce que j’ai fait), et j’imagine que cela soulève pas mal de questions… Bon courage dans ta réflexion, et plein de vœux de réussite ! Merci pour le partage…

    • bulle007 février 28, 2018 à 6:56 #

      Oui en effet. Le mélange des deux personnes du couple. Et tout cela dans la même ville. Même si à date différentes et à probabilité infime, j’aurais toujours un peu l’angoisse d’une rencontre entre mon enfant et cet enfant. J’en sais rien, c’est stupide mais après tout…j’ai un jour croisé un ex dans un ascenseur dans le plus gros aéroport de France à 800 km de chez nous, entré à l’étage d’après, moi revenant d’un voyage de six mois à l’étranger. Un truc improbable. Et c’est un peu ma spécialité.
      Je vais voir si un don d’ovocyte est possible pendant le second parcours. Directement sans avoir à refaire une stim comme expliqué par Miliette.
      En tout cas c’est super que tu n’es fait, tu peux en être fière ! Merci pour ton message, grosse bise

  6. grumpyanddesesperate février 28, 2018 à 8:33 #

    On a 3 embryons au congel, y’a des chances qu’on se serve pas des 3, mais a priori c’est pas une option ici de les donner à un couple… Après, je sais si c’est un cadeau avec mes gènes tous pourris (alzheimer et cancer du sein), bref j’y réfléchis, c’était un truc que je voulais faire…

    • maxelie février 28, 2018 à 9:13 #

      J’étais tombée sur un blog d’une donneuse qui expliquait le parcours pas si simple (rendez vous cecos etc) et il y a un questionnaire assez pointu sur les antécédents familiaux pour savoir si tes embryons sont éligibles au don. Vu ce que tu décris pas sûr qu’ils soient acceptés…

  7. ColombesMum février 28, 2018 à 10:09 #

    Moi je voulais vraiment donner et m’étais faite la promesse mais avec un enfant et un SEUL centre de don en IDF à l’autre bout du département (1h pour y aller) ça m’a bien déçue et refroidie. Et puis là en changeant de région ca serait enfin faisable mais juste apres la grossesse j’aurai tout juste 38 ans donc…mort pour moi. C’est vraiment dommage…je trouve qu’il n’y a vraiment pas assez de centres, le protocole en lui même étant quand même deja assez contraignant…dommage dommage, j’aurais vraiment aimé faire ce cadeau à des couples…

  8. Fortuna mars 1, 2018 à 11:05 #

    C’est très généreux de ta part, j’aurais voulu en faire autant, mais personne ne veut de nos gamètes trop vieux et tout pourris ;-). Mon mari ne peut même plus donner son sang depuis son cancer du testicule, c’est une véritable frustration.
    À ta place, je donnerais plutôt des ovocytes, ça me semble beaucoup plus facile au niveau psychologique, ce n’est pas du tout le même projet. En tout cas, comme tu dois t’en douter, ayant bénéficié d’un don d’ovocytes pour avoir ma fille, le soleil de ma vie :-), ça me touche beaucoup… Je t’embrasse et te dis à bientôt.

  9. Automne mars 2, 2018 à 1:07 #

    C’est très beau et généreux de vous projeter sur un don… surtout un don d’embryon, issu de vos gamètes. Psychologiquement c’est encore un pas au-delà du don de gamètes. La question des surnuméraires est toujours un sujet difficile dans des parcours où la quête de l’embryon peut être sacralisée. Merci à vous d’avoir cette réflexion 🙂 😘

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